Francis Goyet, Le sonnet français, vrai et faux héritier de la grande rhétorique, dans Le sonnet à la Renaissance, op. Cit, p 36. Voir Jean-Charles Monferran, Le sonnet français, machine à penser ou poème stationnaire? Étude de lagencement rimique du sizain autour de 1550, LInformation grammaticale, n o 75, 1997, p 31. Ronsard, sa vie et son œuvre, daprès des travaux récents.
REVUE DHISTOIRE LITTÉRAIRE DE LA FRANCE 86e Ann LXXXVI 30 les premiers essais, à tort qualifiés dexemplaires, serait à loeuvre la technique, tout à la fois digressive et réflexive, du commentaire. Déjà, par les interstices de la marqueterie mal jointe du discours, se font jour des articulations dune autre nature : celles par lesquelles une glose se rapporte au texte qui en est lobjet et où elle prend appui. Ce nest pas une guerre en dentelles, et, contre les soldats qui lécrasent, le peuple se défend par les moyens les plus sauvages arbres coupés, p. 70 ; dégustation de coeur rôti, p 90. Mais la valeur est chose sacrée, et dAubigné ladmire dans les deux camps. Mme de Neuvy, à Benegon, soutient un siège de deux mois et, toujours sur la brèche, joue de la pique p 160. Nouveau Bayard, François dAndelot mérite le titre de Chevalier sans peur p 66. Plus héroïque encore, Coligny dans la défaite. Après Moncontour, lécrivain lui prête une sorte de monologue intérieur p. 140 qui sachève par un trait sublime : la rencontre dun ami fidèle, dont la piété le réconforte mais dont lémotion ne parvient à sexprimer que par un vers de psaume suivi dun long silence. Parallèlement, chez les catholiques, lauteur loue lascendant de Martigues sur ses troupes p. 23, lintelligence tactique de Biron p. 55, et surtout les multiples interventions de Monluc, qui le fascine aussi comme narrateur. 6. Voir également sonnet 43-Sur la distance caractéristique de la comparaison, v F. Moreau, Limage littéraire, Paris, 1982, p. 23 ; F. Hallyn, Formes métaphoriques dans la poésie lyrique de lâge baroque en France, Genève, 1975, p. 13 sq. La comparaison est en effet source de mouvement, parce quelle engendre une distance que la métaphore peut résorber ; elle est un risque décart Ce volume complète la série dont le premier volume avait paru en 1971, dans la même collection. Ainsi sachève une entreprise monumentale dont tous les familiers de lEncyclopédie apprécient depuis longtemps lutilité et la qualité. Richard N. Schwab et Walter E. Rex ne se sont jamais fait voir dans les innombrables colloques qui se sont tenus dans le monde depuis une vingtaine dannées et le type dérudition quils pratiquent nen impose pas. Jose affirmer pourtant quils ont fait beaucoup plus pour la connaissance du XVIIIe siècle que bien dautres, dont le renom est plus grand. La structure du recueil révèle en effet lexistence dun réseau de forces, un ensemble de relations qui fait sinterpénétrer lespace externe et lespace interne. Face à cette affirmation déquilibre et de bonne santé, se lève la voix fiévreuse du poète de Cléopâtre : capable tantôt de manifestations dun orgueil démesuré Vous, ô Dieux, qui à vous presquégalé mavezn, mais toujours en passe, presquen même temps, de se perdre dans le gouffre de lincertitude et de langoisse, quant à son identité, à sa faculté dapercevoir, à sa capacité dêtre au monde, dans un univers réglé par un ordre acceptable : Les deux autres articles consacrés à Indiana sintéressent lun Camille Mortagne à un thème à ma connaissance tout à fait nouveau à propos de ce roman-Indiana, roman polémique sur les pouvoirs mystificateurs du langage, lautre Ariette Béteille pose à nouveau la question du dénouement, si souvent reproché à George Sànd, et dont elle montre la nécessité dans une perspective idéologique. Que je nose parler, tant tes yeux me font craindre. Roses anciennes ou modernesjuste une histoire damour! Le 6 juin 1544, le père de Ronsard décède. Il décide alors de partir chez Lazare de Baïf. Lévaluation du viol dans le poème : admettre quun texte parle de viol est déjà crucial, parce que cela signifie que nous nous accordons sur sa définition. En revanche, la façon dont on en parle est une toute autre question. Hélène Merlin-Kajman écrit : pour ce blog tenu par ces jeunes chercheuses féministes, ce texte de Ronsard fait léloge du viol. Je nai jamais écrit cela ; je dis en revanche que le viol de Cassandre est présenté comme désirable les viols de Jupiter sont investis érotiquement par le poète, ces scénarios sont empreints de beauté, dharmonie et de jouissance : ils ne sont aucunement dysphoriques pour le poète. 21Le recueil se caractérise aussi par luniformité de la voix lyrique, conforme au modèle pétrarquien. Il contraste ainsi avec les recueils amoureux davant 1544, qui compilent le plus souvent les pièces dauteurs divers souvent anonymes, consacrées à des dames différentes et composées dans des circonstances variées. Dans Les Amours, la disposition des pièces du recueil donne limpression de refléter les changements dhumeur dun unique poète-amant, et rompt avec la logique romanesque qui présidait à lorganisation de certains recueils du début du XVI e siècle, comme Le jardin de plaisance et fleur de rethoricque 1501, dont les poèmes étaient organisés par un récit-cadre. La plupart des canzonieri français renoncent même à lorganisation bipartite qui, en distinguant un avant et un après la mort de Laure, dessinait dans le Canzoniere de Pétrarque une vague progression chronologique. Dans Les Amours de 1552, lultime sonnet brise toute illusion romanesque en signalant que la fin du recueil ne coïncide pas avec celle de la complainte amoureuse : Plan de la fiche sur Je ne suis point, ma guerrière Cassandre de Ronsard : En ce qui concerne lorganisation du livre, seul le premier chapitre nous paraît mal venu. Quoique consacré aux sept indices de statut social par lesquels Molière caractérise ses personnages largent, les offices, lhabillement, les serviteurs, les possessions, les moyens de transport et le langage, ce chapitre séloigne du monde fictionnel du théâtre pour soccuper exclusivement de la place et de la fonction effective de ces indices dans la société française du XVIIe siècle. Si fondamentales que ces remarques soient pour la démarche densemble du critique, elles nous paraissent, ainsi placées en exergue, dun rendement très pauvre pour la compréhension du théâtre de Molière, dautant quelles occasionnent des redites dans la suite du travail : il aurait fallu, sans aucun doute, les utiliser exclusivement à titre dillustration ou dexplication ponctuelle de telle ou telle pièce ou de tel ou tel groupe de pièces. Dans le second chapitre, lauteur dégage les structures sociales fondamentales qui se font jour dans le théâtre de Molière, en étudiant exclusivement les pièces dites mineures. Démarché très intéressante dans la mesure où elle montre que lutilisation de schémas sociaux constitue le soubassement des pièces à sujet français, et quinversement labsence dindicateurs sociaux ou leur manque de cohérence, lorsquil y en a quelques-uns dans les pièces à sujet étranger italien, grec, ou espagnol dans le cas de Dom Garde est la source du flottement générique qui les caractérise ; la réflexion sur Dom Garde de Navarre et sur son échec est, à cet égard, particulièrement judicieuse. La nouveauté des mots utilisés, leur étrangeté comme angelette, brunette, lherbelette perleuse.. Ne manquent pas de charme et témoignent de loriginalité de création de Pierre de RONSARD. Ses poèmes insistent sur lémotion devant lamour, la mélancolie et la mort. RONSARD restera lun des plus grands poètes de la langue française, poète de lamour et du temps qui passe plus vite quil le voudrait, poète aussi dune certaine philosophie de vie quand il nous incite à profiter de tous les instants, quand il nous dit : Lorsquil rencontre Cassandre Salviati au bal de Blois, Ronsard tombe immédiatement amoureux. Mais la froideur de la belle le plonge dans un abîme de douleurs. Quelle meil.. Sont plus restes, mais parties constitutives dun texte à venir, fragments dun sens qui attend son exégète. Je mettrai fin à cette réponse par une rectification et une profession de foi. La rectification mest dictée par le souci de rendre à César ce qui lui appartient, et de ne pas lui attribuer ce qui ne saurait en aucun cas lui appartenir. Mes interlocuteurs me font dire que je lis le Prologue comme une invitation sans équivoque à chercher la substantificque mouelle, que ma lecture revient à réduire ce dernier à un simple plaidoyer en faveur dun programme de résolutions allégoriques. Or, ce nest pas du tout ce que je dis. Je dis au contraire que, loin de poser, dans son Prologue, le problème de lallégorie, Rabelais est en fait mobilisé par un tout autre problème, celui de la réception de ses ouvrages. Je dis que Rabelais se sert du topos de lallégorie uniquement pour capter la benevolence de son lecteur. Mon titre Dun problème lautre.. Me semble à cet égard suffisamment éloquent pour quil me soit loisible de ne pas insister davantage. Quant à la profession de foi, je lemprunterai à Érasme, avec la certitude quelle serait aussi bien celle de mes interlocuteurs, MM. Cave, Rigolot et Jeanneret : Semper bona fide profero, quod mihi germani sensus esse videbatur. Selon quon peut, disait déjà Socrate. Après quelques années de préceptorat et un bref passage au collège de Navarre dont il est renvoyé pour immaturité 1533, il intègre lécole des pages à douze ans, afin dy recevoir les enseignements militaires. Il est alors mis à la disposition de la famille royale, accompagnant ainsi Jacques V et son épouse en Ecosse 1535-1537; 1539-1540, de Baïf lemmène enfin en Alsace pour une mission diplomatique. Cest une longue fièvre-dont les suites le laissant à demi sourd lui interdisent désormais les fonctions militaires-qui lui permet de reprendre ses études de lettres 1543 et de se faire conférer la tonsure, gage de revenus constants. En 1544, il rejoint le collège parisien humaniste de Coqueret avec son ami Jean Antoine de Baïf afin dy compléter ses connaissances des langues et des grands textes anciens sous la direction de lérudit Jean Dorat. En même temps, avec ses condisciples, parmi lesquels Joachim Du Bellay et Jacques Peletier du Mans, il forme un groupe de travail-baptisé la Brigade future Pléiade-dont les efforts et le projet ambitieux de rénover la poésie française et de créer une langue nationale se traduiront par la publication, en 1549, de la Défense et Illustration de la langue française de Du Bellay suivant les expéditions de Charles dOrléans 1538-1539.
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