Il ne sagissait pas dune aventure dans un désert sans chemin, Marco Tosatti propose quelques pépites extraites du court essai sur Benoît XVI paru ces jours-ci en Italie sous le titre Le dernier pape dOccident dont nous avons déjà parlé. Benoît XVI et Nicolas Sarkozy sur la même longueur dondes sur la laïcité Nous y reviendrons. Constatons dabord que toute tentative pour faire de ce point de vue une théologie scientifique, réduit le christianisme à un fragment misérable. Plus encore, lhomme lui-même en est diminué. Car les questions spécifiquement humaines sur nos origines et notre destinée, les questions soulevée par la religion et léthique, ne trouvent alors plus de place dans le champ de la raison communément définie par la science, mais doivent être reléguées dans le champ de la subjectivité. Le sujet décide à partir de ses expériences ce qui lui paraît supportable dun point de vue religieux, et la conscience subjective devient lunique instance éthique. De cette façon, pourtant, morale et religion perdent leur capacité de formation collective et deviennent totalement personnelles. Cest là une situation dangereuse pour lhumanité, comme nous pouvons le constater en voyant les pathologies de la religion et de la raison, qui doivent nécessairement se manifester là où la raison est si réduite que les questions de la religion et de la morale ne relèvent plus de son domaine. Toute tentative pour construire une éthique à partir des règles de lévolution ou de la psychologie et de la sociologie se révèle tout simplement insuffisante. Administration et vie politique, journalisme, communauté scientifique, Jean-Paul II, Constitution Apostolique Ex corde Ecclesiæ sur les Universités catholiques, 15 août 1990, AAS 82 1990 1475-1509 désormais cité ECE. Lexpression citée est au n. 8 et celle de saint Augustin cf. Note précédente au n 1. Selon son devoir propre, qui est Dieu! Le moment est arrivé les contraintes économiques et en surmontant les hésitations
Cf. Entretien accordé aux journalistes au cours du vol pour son pèlerinage en Terre Sainte, 8 mai 2009. Benoît XVI a été mal compris par beaucoup et, en 2013, il a étonné le monde en démissionnant de la papauté. Beaucoup ont vu dans ce geste comme un signe du déclin du catholicisme, mais cétait le contraire : cétait une graine nécessaire pour ouvrir lÉglise à une dimension vraiment universelle et au renouvellement entrepris par son successeur cf. Hommage à la Vierge Marie, Place dEspagne, 8 décembre Chers frères dans lÉpiscopat et dans le Sacerdoce,
que nous considérons comme une richesse, nous voulons que dautres Je tiens pour catholique potentiel tout je dis bien tout humain-que lévocation de Marie dans sa conception virginale nhérisse pas. Il est rare quune telle posture provienne de lindifférence lorsquil sagit dElle. Cest une litote. Le dogme de lImmaculée Conception est le plus insaisissable à celui-là qui nest pas né dans le catholicisme. Ainsi, arriver, malgré les lumières du monde à ce silence pénétré et discret, face à Marie, signifie quElle vous a touché. Que sagissant dElle, vous préférez vous taire. Ne sachant pas encore très bien identifier ce que vous ressentez, mais suffisamment honoré, élu, pour entendre crisser les freins de votre coeur. Les monastères furent des espaces où survécurent les trésors de particulière du Maître des temps et de lHistoire. Shabbat Personnellement, note Benoît XVI, jai été particulièrement impressionné par les cinq premières années de la Commission théologique internationale. Il a fallu définir lorientation de base et le mode de fonctionnement essentiel de la Commission, établissant ainsi dans quelle direction, en dernière analyse, Vatican II devait être interprété. Parlant des thèmes traités, il cite la relation entre le Magistère et la théologie, à laquelle il faut toujours nécessairement continuer à réfléchir, et encore la question fondamentale de Gaudium et spes, cest-à-dire le problème du progrès humain et du salut chrétien. Dans ce contexte, souligne-t-il, le thème de la théologie de la libération émerge inévitablement, qui à lépoque ne représentait pas du tout un problème de nature seulement théorique, mais déterminait très concrètement, et menaçait aussi la vie de lÉglise en Amérique du Sud. La passion qui animait les théologiens était à la hauteur du poids concret, voire politique, de la question. Oppositions et recherche de consensus PDF, 12 octobre 2007 consulté le 14 janvier 2018 Benoît XVI rappelle ensuite que cette étude de la langue était faite dans la communauté du monastère et avait son expression commune dans le chant liturgique, particulièrement le chant des psaumes, qui rythmait la journée et la nuit des moines, et dont la beauté et lharmonie étaient accordées à lharmonie musicale de la création et au chant des anges. Mais le rôle de la communauté ne se résumait pas à lexpression liturgique. LÉcriture ou plutôt les Écritures, dans leur diversité, étaient et sont lunique Parole de Dieu, à nous adressée. Pour en saisir le sens, lÉcriture a besoin de linterprétation de la communauté où elle sest formée et où elle est vécue. Suit un développement sur lautre aspect de la vie monastique que la prière, ora : le travail, labora, présenté comme une participation à lœuvre créatrice de Dieu.
des textes et, à partir de là, doit devenir également Dans le septième entretien dialexis controverse édité par le professeur Khoury, lempereur aborde le thème du djihad, de la guerre sainte. Assurément lempereur savait que dans la sourate 2, 256 on peut lire : Nulle contrainte en religion!. Cest lune des sourates de la période initiale, disent les spécialistes, lorsque Mahomet lui-même navait encore aucun pouvoir et était menacé. Mais naturellement lempereur connaissait aussi les dispositions, développées par la suite et fixées dans le Coran, à propos de la guerre sainte. Sans sarrêter sur les détails, tels que la différence de traitement entre ceux qui possèdent le Livre et les incrédules, lempereur, avec une rudesse assez surprenante qui nous étonne, sadresse à son interlocuteur simplement avec la question centrale sur la relation entre religion et violence en général, en disant : Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu y trouveras seulement des choses mauvaises et inhumaines, comme son mandat de diffuser par lépée la foi quil prêchait. Lempereur, après sêtre prononcé de manière si peu amène, explique ensuite minutieusement les raisons pour lesquelles la diffusion de la foi à travers la violence est une chose déraisonnable. La violence est en opposition avec la nature de Dieu et la nature de lâme. Dieu napprécie pas le sang dit-il, ne pas agir selon la raison, sun logô, est contraire à la nature de Dieu. La foi est le fruit de lâme, non du corps. Celui, par conséquent, qui veut conduire quelquun à la foi a besoin de la capacité de bien parler et de raisonner correctement, et non de la violence et de la menace Pour convaincre une âme raisonnable, il nest pas besoin de disposer ni de son bras, ni dinstrument pour frapper ni de quelque autre moyen que ce soit avec lequel on pourrait menacer une personne de mort Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous Vatican II a représenté un point culminant dans la convergence entre lÉglise et le monde. Mais face aux enjeux de la bioéthique voir notamment déjà Humanae Vitae, 1967 et dune sécularisation de toute léthique, la distance sest creusée davantage. Lévolution du rapport entre lESE et la culture moderne demeure incertaine. Mais si on devait retenir un trait essentiel du message de lESE à la société moderne et aux cultures non occidentales, ce serait léminente dignité de chaque personne humaine, spécialement des pauvres, et cela du début de la vie jusquà à sa fin. Cette contribution fondamentale senracine ultimement dans la christologie. LESE est une déclinaison dans toutes les conséquences sociales de cette valeur fondatrice, notamment en matière de justice et de solidarité : légale dignité de toutes les personnes! La culture occidentale a cherché et promu la liberté et les libertés. Dans le libéralisme moderne ce fut souvent la liberté des forts. LÉglise a été pressée à reconnaître le droit à la liberté religieuse en 1965 ; le défi de la culture à venir se trouve dans les formidables possibilités mais aussi les menaces de la technocratie, notamment en matière de vie humaine.
Categories: